Mo Hayder, une écrivaine fine et choc

Publié le par walterwhite

 

Vous aimez les polars qui font froid dans le dos ? Vous aimez être surpris, déstabilisé, voire choqué ? Mo Hayder est celle qu'il vous faut... De Birdman à Skin, en passant par l'étonnant Tokyo, l'écrivaine diabolique au visage d'ange vous prendra dans la toile arachnéenne de son écriture déliée pour mieux vous retourner les entrailles et vous noyer avec délice dans les noirs méandres de l'esprit humain.

Mo Hayder, fille d'universitaires anglais, est née à Londres en 1962. Très tôt indépendante et aventureuse, elle quitte sa famille à 16 ans et part vivre sa vie. Elle exerce divers petits emplois avant de partir pour le Japon à l'âge de 25 ans. Elle y résidera 2 ans. Elle revient ensuite s'installer à Los Angeles, faire des études de cinéma, milieu qui l'attire irrésistiblement.

De retour en Angleterre, elle se met à l'écriture. Elle a une idée derrière la tête. Elle fréquente alors les milieux policiers, les médecins légistes, et met 2 ans à écrire "Birdman".

Avec ce premier roman, elle fait une entrée très remarquée dans le monde masculin du polar très noir et réaliste. Suivront, en 2002 "L'homme du soir", en 2005 le très étrange "Tokyo", "Pig Island" en 2007, "Rituel" en 2008, "Skin" en 2009, et dernièrement "Proies".

Les livres de Hayder se différencient des autres polars par son côté intimiste et en même temps froid et détaillé comme un légiste en pleine autopsie.

Nous accompagnons le Lieutenant Jack Caffery tout au long de ses 5 enquêtes. Nous apprenons à le connaître plus qu'il ne se connait lui-même. Son lourd passé nous pèse autant qu'à lui ; nous doutons avec lui, nous haletons à ses côtés, nous tombons amoureux de celle qu'il croise régulièrement dans ses pérégrinations, cette jeune femme volontaire qui dirige l'équipe de plongée de la police. Elle-même torturée par ses propres démons.

Avec Tokyo, Hayder prend un risque, celui de déstabiliser son lectorat. C'est d'ailleurs ce que l'on constate sur les forums de discussions autour du livre. Beaucoup de gens n'apprécient que le côté polar de Hayder. Alors qu'avec Tokyo elle signe un magnifique livre étrange et décalé, comme le Tokyo d'hier qui côtoie celui d'aujourd'hui. A la recherche hasardeuse d'une vérité terrible, sur la faculté que possède une nation à assumer ses crimes de guerre. Sur l'ambigüité des relations entre différentes cultures. Sur les corps et les esprits marqués par la torture, qu'elle soit physique ou morale.

Dernier livre de Mo Hayder, proiesMo Hayder, portrait publicvisage de femme japonaise

 

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