Littérature américaine : Brady Udall, un nouveau talent révélé.

Publié le par walterwhite

Brady Udall n'est pas un écrivain comme les autres.

Après un recueil de nouvelles " Lâchons les chiens " (sortit en 1998), son premier roman "Le miraculeux destin d'Edgar Mint" (sortit en 2001) est un véritable " masterpiece ", chef-d'oeuvre de l'art délicat de la biographie sur le thème de l'enfance.

 

Lui-même grandit en Arizona dans une famille nombreuse mormone. Très jeune il écrit. Il fera des études littéraires et enseignera la littérature américaine dans des universités (voir Wikipédia pour plus d'infos sur sa biographie).

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Ses histoires et son écriture sont simples, comme la vie de tous les jours, d'où leur force, car chargées d'émotions très diverses et toujours vraies et brutes. Point de fioritures ou de phrases à rallonge, pas de langage à la mode, pas de superficialité dans son écriture. Mais l'essentiel, ce qui se passe entre les vrais gens, avec leurs histoires bien particulières. Et avec en toile de fond la sécheresse et le sentiment d'abandon des déserts de l'Arizona et des plaines de l'Utha, où se nichent des petites villes dont tout le monde ignore l'existence, Brady Udall nous dépeint des morceaux de vies, intenses, drôles, pathétiques, touchantes, inattendues, extrêmement humaines.

 

Avec "Le destin miraculeux d'Edgar Mint",  Udall narre l'enfance chaotique et incroyable de son avatar littéraire sans jamais tomber dans le pathos, le ton dramatique et lourd d'un Oliver Twist, ou ne serait-ce que frôler la sensiblerie qui touche trop souvent les romans sur les enfances difficiles. Avec l'histoire de cet enfant, Edgar Mint, métis indien, qui se fait rouler sur la tête par une jeep de la poste alors qu'il a 8 ans, Brady Udall nous conte une histoire extraordinairement riche et intense... Sans clichés, on passe des larmes aux rires et l'on s'attache incroyablement fort à ce pauvre Edgar et à sa compagnie de personnages tous aussi abîmés les uns que les autres, et tous aussi différents que peuvent l'être un mormon cocu d'un médecin toxicomane obsédé par le miraculeux, ou qu'un alcoolique repenti d'une philippine fervente catholique...

De même, ces lieux si éloignés et si proches, comme cet hôpital décrépi, un orphelinat en plein désert d'une réserve indienne, ou encore la maison-arche de Noé d'une famille mormon, qui sont le théâtre des aventures d'Edgar Mint, imprègne l'écriture. On sent le vécu.

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Brady Udall a prouvé qu'il était digne de faire partie des grands auteurs américains, tel Paul Auster, ou Jim Harrison, qui comptent et qui content, avec humilité, dépouillement et efficacité, des histoires incroyablement humaines qui marquent.

 

Vient de paraître en français, chez Albin Michel, son dernier roman, "The lonely polygamist", "Le polygame solitaire". A voir aussi son site officiel sur official Brady Udall Website

Publié dans Culture

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